Le ferry électrique Candela P-12 a établi un record maritime de 160 milles nautiques (296 km) en trois jours, démontrant la viabilité du transport maritime durable.
Le ferry électrique Candela P-12 a récemment réussi un exploit technique majeur : parcourir 160 milles nautiques (296 km) en mer sur trois jours, un record pour un navire électrique destiné au transport de passagers. Cette performance, réalisée entre Gothenburg (Suède) et Oslo (Norvège), prouve que les navires électriques ne sont plus limités à de courtes traversées locales ou à des routes fixes avec des infrastructures de recharge lourdes. Au cœur de cet exploit se trouve la technologie des hydrofoils, des ailes immergées qui soulèvent le bateau au-dessus de l’eau, réduisant la résistance et la consommation d’énergie d’environ 80 % par rapport à des navires conventionnels. Capable d’atteindre une vitesse de service de 25 nœuds et même de dépasser 30 nœuds en essais, le P-12 utilise des chargeurs rapides standard en courant continu, ce qui élimine la dépendance à des infrastructures maritimes spécialisées coûteuses. Cette étape ouvre la voie à des services maritimes durables, efficaces et compétitifs, tout en redéfinissant les possibilités du transport maritime à zéro émission.
Le record historique du Candela P-12 en mer
Le ferry électrique Candela P-12 a achevé une traversée de 160 milles nautiques (296 km) entre la côte ouest de la Suède et Oslo, soit la plus longue distance jamais franchie par un navire électrique à passagers sans assistance thermique externe.
Ce voyage, étalé sur trois jours, a impliqué plusieurs escales pour la démonstration et la recharge le long de la côte scandinave. Le navire a utilisé des chargeurs rapides standards connectés au réseau DC existant, ainsi que des chargeurs mobiles lorsque ce réseau n’était pas disponible.
L’importance de cette performance dépasse le simple record : elle démontre que les bateaux électriques peuvent fonctionner sur de longues distances sans infrastructures spécialisées, en utilisant des technologies de recharge déjà disponibles sur terre, ce qui réduit significativement les barrières d’adoption pour des opérations commerciales à grande échelle.
La technologie hydrofoil expliquée
Le secret de l’efficacité du Candela P-12 réside dans sa conception innovante : des hydrofoils – des ailes immergées contrôlées par ordinateur – soulèvent la coque du navire au-dessus de l’eau à partir d’une certaine vitesse.
À mesure que le bateau s’élève, la surface de contact avec l’eau diminue drastiquement, réduisant la résistance hydrodynamique jusqu’à environ 80 % par rapport à un navire conventionnel. Moins de résistance signifie moins d’énergie nécessaire pour maintenir la vitesse, ce qui améliore fortement l’efficacité énergétique et étend l’autonomie.
Concrètement, Candela P-12 atteint une vitesse de service de 25 nœuds (environ 46 km/h) et a même dépassé 30 nœuds (55 km/h) lors de tests. Ces performances sont rendues possibles par une combinaison de batteries électriques et de moteurs électriques C-Pod, offrant une solution rapide, silencieuse et sans émissions.
Caractéristiques techniques du ferry P-12
Le Candela P-12 est un hydroptère électrique de série conçu pour le transport de passagers. Il mesure approximativement 12 mètres de long pour 4,5 mètres de large et peut accueillir 30 passagers assis, en plus d’un membre d’équipage.
L’efficience de sa propulsion électrique, combinée à la réduction de traînée offerte par les hydrofoils, permet de réduire la consommation d’énergie d’environ 80 % par rapport à des ferries classiques propulsés par moteurs diesel.
Sur une seule charge, le P-12 dispose d’une autonomie d’environ 40 milles nautiques (74 km) à vitesse de croisière, mais le record de 160 milles nautiques démontre que, avec des recharges opportunes et une gestion intelligente de la batterie, les trajets longue distance deviennent réalisables.
Une révolution pour le transport maritime durable
Les ferries traditionnels sont un maillon essentiel des réseaux de transport côtier ou insulaire, mais leur dépendance aux moteurs diesel entraîne des émissions de gaz à effet de serre, des coûts d’exploitation élevés et des impacts sur l’environnement marin.
L’énergie électrique, associée à une réduction drastique de la consommation via les hydrofoils, ouvre une nouvelle ère pour les transports maritimes. Le record testé par Candela P-12 prouve que les services rapides et zéro émission sont techniquement réalisables, même sans infrastructure de recharge lourde au départ des ports.
Cette autonomie opérationnelle redéfinit les modèles économiques du transport maritime électrique : les opérateurs n’ont plus besoin d’investir massivement dans des installations de charge spécifiques à la mer, ce qui réduit les coûts initiaux et accélère la mise en service de services nouveaux ou améliorés.
Une réponse pratique aux limites des ferries électriques classiques
Avant ce record, la majorité des navires électriques étaient confinés à des traversées courtes ou des trajets fixes, dépendant souvent de systèmes coûteux de changement de batterie ou de stations de recharge surpuissantes.
La capacité du P-12 à utiliser des infrastructures de recharge existantes – y compris des solutions mobiles ou terrestres – change la donne. Cela signifie que les services peuvent s’adapter à différents environnements opérationnels sans nécessiter des installations portuaires majeures ou des coûts prohibitifs.
En outre, la réduction du sillage associée à la technologie hydrofoil protège aussi les écosystèmes littoraux et minimise l’érosion des berges, un avantage environnemental souvent négligé mais essentiel pour les zones urbaines riveraines.
Les implications pour l’avenir des transports aquatiques
Le record de distance établi par Candela P-12 ne symbolise pas seulement une victoire technique : il est un signal fort envoyé à l’industrie maritime. Alors que les villes riveraines cherchent des solutions pour réduire la congestion et les émissions, ce type de navire offre une alternative tangible aux modes de transport traditionnels.
Des essais et des commandes sont déjà prévus dans plusieurs régions du monde, et des opérateurs étudient l’intégration de tels ferries pour des trajets urbains, interurbains ou même touristiques. Ceci pourrait ouvrir la voie à des réseaux maritimes durables, comparables aux réseaux ferroviaires ou routiers électriques en termes de performances et d’efficacité.
Une technologie au service de la planète et de l’économie
La navigation électrique en mer bénéficiera à la fois de gains environnementaux et économiques. En réduisant les émissions locales de CO₂ et de particules ainsi que la dépendance aux combustibles fossiles, ces technologies soutiennent les objectifs climatiques. Sur le plan économique, des coûts d’exploitation réduits – liés à l’efficacité énergétique et à l’absence de carburants fossiles – améliorent la compétitivité des opérateurs.
Le succès de Candela P-12 démontre que l’innovation technique peut aller de pair avec la durabilité et l’efficacité opérationnelle, offrant un aperçu convaincant de ce que pourrait être le transport maritime du futur : rapide, propre et adaptable à différents contextes géographiques et climatiques.
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