Analyse technique et éditoriale des RIBs et chase boats : usages, choix de taille, flotteurs, motorisation, budgets et évolutions récentes du marché.
Les RIBs et chase boats occupent aujourd’hui une place centrale dans l’univers des motorboats. Rapides, simples à exploiter et étonnamment polyvalents, ils sont utilisés comme bateaux d’appoint, supports d’activités nautiques, plateformes professionnelles ou unités de sécurité. Leur succès repose sur une architecture hybride associant une carène rigide performante à des flotteurs gonflables, garantissant stabilité et sécurité. Le choix d’un RIB ne se limite pas à la longueur : il engage des arbitrages précis sur le type de flotteurs, la motorisation, le programme d’utilisation et le budget global. Ces bateaux ont fortement évolué en vingt ans, avec des puissances en hausse, des aménagements plus aboutis et une professionnalisation des usages. Comprendre leurs spécificités techniques et économiques permet d’éviter les erreurs classiques et d’investir dans un outil réellement adapté à ses besoins, qu’ils soient privés ou professionnels.
Les RIBs comme catégorie structurante des motorboats modernes
Les Rigid Inflatable Boats, couramment appelés RIBs, combinent une coque rigide en V profond et des flotteurs périphériques gonflables. Cette architecture s’est imposée à partir des années 1980, d’abord dans les milieux militaires et de secours, avant de se diffuser largement dans le nautisme de loisir.
Leur principal atout réside dans un rapport poids-performance très favorable. À longueur équivalente, un RIB pèse souvent 20 à 30 % de moins qu’un open classique en polyester massif. Cette légèreté autorise des accélérations franches, une vitesse de croisière élevée et une consommation maîtrisée à charge comparable.
Sur le plan dynamique, les flotteurs jouent un rôle clé. Ils augmentent la stabilité initiale à l’arrêt et à basse vitesse, tout en sécurisant les manœuvres d’accostage. En navigation, la carène assure le passage dans le clapot, tandis que les flotteurs apportent une réserve de flottabilité appréciable en cas de surcharge ou de mer formée.
Les chase boats comme outils polyvalents et professionnels
Le terme chase boat désigne moins un type de coque qu’un usage spécifique. Il s’agit d’un bateau rapide servant d’unité d’assistance, d’escorte ou de support logistique. Dans ce rôle, les RIBs se sont imposés presque sans concurrence.
En nautisme de compétition, les chase boats accompagnent voiliers de course au large, multicoques de régate ou records océaniques. Leur mission consiste à assurer la sécurité, le transport de matériel et parfois le relais humain. Les longueurs les plus courantes se situent entre 7 et 10 mètres, avec des puissances cumulées de 300 à 600 chevaux (224 à 447 kW).
Dans le secteur professionnel, les chase boats sont utilisés par les sociétés de travaux maritimes, les écoles de voile, les bases nautiques et les organisateurs d’événements. Leur pont dégagé, leur capacité d’emport et leur facilité de mise à l’eau en font des outils rationnels, souvent exploités plus de 500 heures par an.
Le choix de la taille comme paramètre structurant
La longueur d’un RIB conditionne directement ses performances, son confort et son coût global. Les modèles de 5 à 6 mètres s’adressent principalement à un usage de loisir côtier. Ils embarquent généralement 6 à 8 personnes et reçoivent une motorisation comprise entre 80 et 130 chevaux (59 à 96 kW).
Les unités de 6,5 à 8 mètres représentent le cœur du marché. Elles offrent un compromis équilibré entre autonomie, tenue en mer et capacité d’emport. Avec 150 à 300 chevaux (110 à 224 kW), elles atteignent des vitesses de pointe de 40 à 50 nœuds (74 à 93 km/h) selon la charge.
Au-delà de 8 mètres, on entre dans une catégorie semi-professionnelle. Ces RIBs nécessitent une remorque spécifique ou un poste à flot permanent. Leur largeur dépasse souvent 3 mètres, ce qui améliore le confort mais augmente les coûts portuaires et logistiques.
Les flotteurs comme élément technique déterminant
Le choix des flotteurs influence fortement la durabilité et le comportement du bateau. Deux matériaux dominent le marché : le PVC et l’Hypalon-Néoprène.
Le PVC est plus économique et plus léger. Il équipe majoritairement les RIBs de loisir et permet de contenir les budgets. En revanche, sa résistance aux UV et aux hydrocarbures est plus limitée. En usage intensif, sa durée de vie dépasse rarement 8 à 10 ans sans rénovation.
L’Hypalon-Néoprène, plus coûteux, offre une longévité supérieure à 15 ans dans des conditions normales d’entretien. Il résiste mieux aux abrasions et aux températures élevées. C’est le choix privilégié pour les chase boats professionnels et les programmes hauturiers.
La forme des flotteurs joue également un rôle. Les sections rondes favorisent la portance et le confort. Les flotteurs à pans coupés libèrent de l’espace de pont mais réduisent légèrement la flottabilité latérale.
La motorisation comme cœur des performances
La motorisation conditionne l’usage réel d’un RIB. La majorité des unités sont équipées de hors-bord quatre temps, appréciés pour leur fiabilité et leur facilité d’entretien. Sur un RIB de 7 mètres, une puissance de 200 chevaux (147 kW) constitue un standard cohérent pour un usage polyvalent.
La bi-motorisation apparaît au-delà de 8,5 mètres, principalement pour des raisons de redondance et de sécurité. Deux moteurs de 250 chevaux (184 kW) permettent de maintenir une vitesse de croisière élevée même en charge maximale.
En termes de consommation, un RIB bien motorisé consomme en moyenne 1,2 à 1,5 litre par mille nautique à vitesse économique, soit environ 25 à 35 litres par heure à 25 nœuds (46 km/h). Une sous-motorisation entraîne souvent une hausse paradoxale de la consommation et une dégradation du confort.
Les budgets comme réalité incontournable
Le budget d’un RIB varie fortement selon la taille et le niveau d’équipement. Un modèle neuf de 5,5 mètres correctement motorisé démarre autour de 30 000 à 35 000 euros. À 7 mètres, le ticket d’entrée dépasse généralement 55 000 euros, moteur inclus.
Les chase boats professionnels de 9 mètres et plus atteignent fréquemment 120 000 à 180 000 euros, selon les options et la motorisation. À ces montants s’ajoutent les coûts d’exploitation : carburant, entretien moteur, remplacement périodique des flotteurs et assurance.
Sur dix ans, le coût global de possession d’un RIB intensivement utilisé peut représenter 1,5 à 2 fois le prix d’achat initial. Cette réalité impose une réflexion rigoureuse en amont.
Les évolutions récentes des RIBs et chase boats
Ces dernières années, les RIBs ont connu une montée en gamme notable. Les aménagements intègrent désormais des consoles enveloppantes, des assises modulaires et des équipements électroniques comparables à ceux des cruisers.
Sur le plan technique, les carènes ont évolué vers des V plus marqués, améliorant le passage dans la mer formée à haute vitesse. Certains constructeurs explorent des solutions hybrides, avec des propulsions électriques auxiliaires destinées aux manœuvres portuaires.
Enfin, le marché voit émerger une segmentation claire entre RIBs de loisir, unités semi-professionnelles et véritables plateformes de travail. Cette spécialisation renforce la pertinence du produit, mais exige une lecture lucide de son programme réel.
Les RIBs ne sont pas des bateaux universels. Leur faible protection contre les embruns, en l’absence de cabine, limite le confort sur longues distances. À vitesse élevée, la fatigue physique peut devenir un facteur déterminant.
Ils excellent en revanche dans les missions courtes, dynamiques et techniques. Leur succès tient à cette adéquation précise entre outil et usage, bien plus qu’à un effet de mode. Choisir un RIB ou un chase boat impose donc de renoncer aux compromis flous et d’assumer un programme clair.
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