Yacht européen 2026 : le sacre des Beneteau First 30 et de l’Excess 13

Yacht européen 2026 : le sacre des Beneteau First 30 et de l’Excess 13

Le Beneteau First 30 et l’Excess 13 sacrés Yacht européen de l’année 2026. Deux bateaux, deux usages, une même vision du nautisme moderne.

L’édition 2026 du Yacht européen de l’année a consacré deux unités françaises aux philosophies très différentes : le Beneteau First 30 et l’Excess 13. Cette double récompense n’est pas anecdotique. Elle illustre l’évolution profonde du nautisme de plaisance, partagé entre recherche de sensations, simplicité d’usage et confort raisonné. Le First 30 incarne un retour assumé à la voile vivante, planante, accessible sans être élitiste. L’Excess 13, lui, propose une lecture plus dynamique et plus légère du catamaran de croisière, à contre-courant des unités suréquipées et lourdes. Le jury a récompensé deux bateaux cohérents, bien positionnés en prix, techniquement aboutis et surtout pensés pour naviguer réellement. Ce palmarès 2026 consacre une approche pragmatique du bateau de plaisance, où l’usage prime enfin sur le discours marketing.

Le titre de Yacht européen de l’année et sa portée réelle

Le Yacht européen de l’année est l’une des distinctions les plus influentes du nautisme mondial. Créé au début des années 2000, il est attribué chaque année par un jury indépendant composé de journalistes spécialisés issus de la presse nautique européenne.
Contrairement à de nombreux prix promotionnels, cette récompense repose sur des essais en mer approfondis, réalisés dans des conditions comparables, sur plusieurs jours. Les critères sont précis : comportement marin, innovation pertinente, qualité de construction, ergonomie, adéquation au programme annoncé et positionnement économique.
Le titre n’est pas attribué à un chantier, mais à un modèle précis, dans une catégorie donnée. En 2026, le Beneteau First 30 a été récompensé dans la catégorie voiliers de performance, tandis que l’Excess 13 s’est imposé parmi les multicoques de croisière.
Remporter ce prix a un impact direct. Les ventes progressent en moyenne de 15 à 30 % sur les 18 mois suivant l’attribution, selon les données historiques des chantiers primés. Ce n’est pas un trophée symbolique. C’est un accélérateur commercial.

Le Beneteau First 30 ou le retour assumé du plaisir de barrer

Le Beneteau First 30 marque une rupture nette dans la production contemporaine des voiliers de série. Long de 9,53 mètres (31,3 pieds), large de 2,99 mètres, il affiche un déplacement contenu autour de 2 800 kilogrammes. Ces chiffres expliquent beaucoup de choses.
Conçu pour planer rapidement, le First 30 adopte une carène large à l’arrière, des bouchains marqués et un plan de voilure généreux. La version standard développe environ 51 m² de surface de voile au près, avec un gennaker dépassant 100 m² au portant.
Ce voilier n’est pas un croiseur traditionnel. Il est pensé pour des sorties à la journée, des week-ends rapides, des navigations sportives mais accessibles. Le tirant d’eau, limité à environ 1,68 mètre, élargit le champ d’utilisation côtière.
À la barre, les sensations sont immédiates. Le bateau accélère tôt, reste stable et tolérant. Il ne demande pas un équipage professionnel. Il récompense la lecture du vent et la finesse de réglage. C’est un voilier qui navigue, pas qui pardonne tout. Le jury a clairement salué ce positionnement assumé.

Un intérieur volontairement simple et cohérent

L’intérieur du First 30 a suscité des débats. Et c’est précisément ce qui a joué en sa faveur. Deux cabines, une hauteur sous barrots limitée, des volumes comptés. Rien d’inutile.
Le chantier a fait un choix clair : réduire le poids, simplifier l’entretien et préserver le comportement marin. Les matériaux sont légers, les rangements rationnels. Le bateau reste habitable pour deux à quatre personnes, mais il ne prétend pas remplacer un croiseur familial de dix mètres.
Ce parti pris tranche avec une tendance lourde du marché. Il a été perçu comme honnête, lisible et cohérent par le jury. Le First 30 ne promet pas ce qu’il ne peut pas tenir. C’est précisément pour cela qu’il a été récompensé.

L’Excess 13 ou une autre lecture du catamaran de croisière

Face au First 30, l’Excess 13 joue dans un registre radicalement différent. Long de 12,99 mètres (42,6 pieds) pour une largeur de 7,25 mètres, ce catamaran affiche un déplacement d’environ 10,7 tonnes.
Là où beaucoup de multicoques misent sur la surenchère d’équipements et de volumes, l’Excess 13 revendique une approche plus légère, plus dynamique et plus proche de la voile. Le plan de voilure, avec un mât reculé et une grand-voile à corne dépassant 75 m², favorise la performance sous voile.
Les essais ont mis en évidence des vitesses moyennes élevées, avec des pointes régulières à 15 nœuds (27,8 km/h) dans des conditions de vent modéré. Surtout, le bateau conserve une sensation de barre que beaucoup de catamarans ont perdue.
Ce n’est pas un hasard. L’Excess 13 s’adresse à des navigateurs qui viennent souvent du monocoque et qui refusent de sacrifier totalement le plaisir de navigation au confort.

Un aménagement pensé pour la croisière active

L’Excess 13 propose plusieurs configurations, de trois à quatre cabines, avec deux à trois salles d’eau. Les volumes sont importants, mais maîtrisés. La nacelle centrale reste dégagée, avec une bonne visibilité vers l’avant.
Le cockpit privilégie la circulation et la convivialité. Les postes de barre arrière, signature de la gamme Excess, renforcent la connexion avec la mer. Ce choix n’est pas neutre. Il impose plus d’implication à la barre, mais il redonne du sens à la conduite du bateau.
Le jury a souligné la cohérence globale de l’Excess 13. Ce n’est pas un catamaran de charter pur, même s’il peut y être exploité. C’est un bateau de propriétaires actifs, qui naviguent, manœuvrent et acceptent un minimum d’engagement.

Deux bateaux, deux usages, une même logique de fond

Le point commun entre le Beneteau First 30 et l’Excess 13 ne réside pas dans leur architecture, mais dans leur philosophie. Les deux modèles refusent la surenchère. Ils privilégient l’usage réel.
Le First 30 vise des plaisanciers sportifs, des couples ou des équipages réduits, sensibles au rapport sensations-prix. Son budget reste contenu, avec un prix de base autour de 120 000 euros hors taxes, selon la configuration.
L’Excess 13 s’adresse à une clientèle plus familiale ou voyageuse, avec un budget nettement supérieur, compris entre 450 000 et 550 000 euros hors taxes. Mais là encore, le positionnement est clair. Le bateau est pensé pour naviguer, pas pour servir de résidence flottante immobile.
Le jury a récompensé cette honnêteté intellectuelle. Ce sont des bateaux qui assument leurs limites et leurs ambitions.

Ce que ce palmarès dit du marché nautique actuel

Le doublé du Beneteau First 30 et de l’Excess 13 n’est pas un hasard. Il révèle une évolution profonde des attentes. Les plaisanciers veulent des bateaux plus simples, plus lisibles, moins dépendants d’une logistique lourde.
La recherche de performance ne disparaît pas. Elle change de forme. Elle devient accessible, utilisable, durable. Le confort reste important, mais il n’écrase plus tout le reste.
Ce palmarès 2026 envoie un message clair aux chantiers. Le marché valorise désormais les projets bien positionnés, techniquement cohérents et sincères dans leur promesse. Ceux qui continuent à empiler les équipements sans réflexion risquent de passer à côté de cette nouvelle demande.

Une récompense qui engage plus qu’elle ne flatte

Être sacré Yacht européen de l’année n’est pas une fin. C’est un engagement implicite. Le Beneteau First 30 et l’Excess 13 devront tenir dans le temps les promesses saluées par le jury.
La fiabilité, la tenue de la cote sur le marché de l’occasion, la satisfaction des propriétaires seront scrutées. C’est là que se joue la crédibilité réelle de cette distinction.
Mais sur le fond, le message est déjà clair. En 2026, le nautisme européen récompense des bateaux qui naviguent, qui font sens et qui respectent l’intelligence de leurs utilisateurs. C’est sans doute la meilleure nouvelle pour l’avenir de la plaisance.

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