Oyster Yachts à Barcelone : le 595, le C60 et le nouveau 36M

Oyster C60

Oyster Yachts présente le 595 au salon nautique de Barcelone 2026 et dévoile ses ambitions avec le catamaran C60 et le superyacht 36M.

Oyster Yachts participera au Barcelona International Boat Show, organisé du 14 au 18 octobre 2026 à Marina Port Vell. Le constructeur britannique y présentera JaZoFi, un Oyster 595 de 2023, un voilier hauturier de 19,05 mètres proposé sur le marché de l’occasion à 2,85 millions de livres sterling hors TVA.

Cette présence intervient dans un contexte stratégique majeur. En septembre, Oyster a annoncé deux nouveaux projets : le C60, son premier catamaran à voile, développé avec Berret-Racoupeau et dévoilé à Cannes, puis le 36M, un superyacht de 36 mètres dessiné par Frers Naval Architecture & Engineering, présenté à Monaco.

Ces deux nouveautés illustrent une diversification ambitieuse. Oyster souhaite conquérir les propriétaires attirés par les multicoques spacieux, tout en renforçant son positionnement historique sur les grands monocoques de croisière océanique. Barcelone servira ainsi de rendez-vous commercial pour présenter sa gamme et ses perspectives de développement.

Le salon nautique de Barcelone marque le retour d’Oyster sur le marché méditerranéen

Oyster Yachts confirme sa participation à la 63e édition du Barcelona International Boat Show, du 14 au 18 octobre 2026. Le rendez-vous se tiendra à Port Vell, avec une présence du constructeur à Marina Port Vell.

Selon Fira de Barcelona, l’édition 2026 réunira 170 exposants directs, plus de 300 marques et plus de 200 bateaux. Le retour d’Oyster, aux côtés d’Amel et de YYachts, marque le renforcement de l’offre consacrée aux voiliers haut de gamme.

La marque britannique exposera l’Oyster 595 JaZoFi, tandis que ses équipes commerciales présenteront les possibilités d’acquisition et de construction dans l’ensemble de la gamme.

La distinction est importante. Contrairement aux nouveautés dévoilées récemment à Cannes et Monaco, le C60 et le 36M ne sont pas annoncés comme des bateaux physiquement exposés à Barcelone.

La stratégie consiste plutôt à utiliser le salon comme une plateforme commerciale, en associant la vente de voiliers existants, les commandes de nouvelles unités et les services proposés aux propriétaires.

Le 595 JaZoFi illustre le savoir-faire hauturier du constructeur britannique

Construit en 2023, JaZoFi appartient à la série Oyster 595, conçue pour la grande croisière océanique avec un équipage réduit.

Le voilier mesure 19,05 mètres (62 pieds 6 pouces) de longueur hors tout, pour 5,36 mètres (17 pieds 7 pouces) de largeur. Son tirant d’eau atteint 2,68 mètres (8 pieds 10 pouces), avec un déplacement annoncé de 30,8 tonnes.

Son gréement de sloop intègre un système hydraulique d’enroulement de grand-voile dans le mât. Associé aux winchs électriques, ce dispositif réduit les interventions physiques nécessaires lors des manœuvres.

JaZoFi dispose également de batteries lithium-ion, de panneaux solaires, d’un dessalinisateur, d’une électronique de navigation B&G et de propulseurs d’étrave et de poupe. Ces équipements répondent aux besoins d’autonomie et de manœuvrabilité d’un voilier destiné aux longues traversées.

Ils ne dispensent cependant pas d’une préparation technique rigoureuse avant une traversée hauturière.

À l’intérieur, quatre cabines accueillent sept personnes. Le carré bénéficie des vitrages panoramiques caractéristiques d’Oyster. Une plateforme de baignade hydraulique complète les aménagements extérieurs.

Le bateau est actuellement proposé par Oyster Brokerage à 2,85 millions de livres sterling hors TVA. Sa présentation à Barcelone relève donc aussi d’une opération de courtage, distincte du lancement d’un nouveau modèle.

Oyster C60

Le catamaran Oyster C60 ouvre un nouveau marché pour le chantier

Dévoilé le 9 septembre 2026 au Cannes Yachting Festival, l’Oyster C60 constitue une rupture dans l’histoire du constructeur, jusqu’alors spécialisé dans les monocoques.

Conçu avec le cabinet français Berret-Racoupeau, le catamaran mesure 19,42 mètres (63 pieds 9 pouces) de longueur, pour 9,35 mètres (30 pieds 8 pouces) de largeur et 1,70 mètre (5 pieds 7 pouces) de tirant d’eau.

Son déplacement lège annoncé atteint 30 tonnes. Son plan de voilure comprend 122 m² de grand-voile et 112 m² de génois, soit 234 m² au près. La motorisation standard envisagée repose sur deux moteurs de 110 chevaux.

La conception privilégie l’autonomie et le comportement en mer

Oyster annonce jusqu’à un mètre de hauteur libre sous la nacelle centrale. Cette caractéristique vise à réduire les impacts de vagues sous la structure reliant les deux coques, phénomène particulièrement inconfortable en mer formée.

Les quilles fixes protègent les appendices, tandis que les cloisons étanches avant participent à la sécurité structurelle.

Le constructeur prévoit 1 200 litres de carburant, avec une capacité supplémentaire de 600 litres, et 1 000 litres d’eau douce. L’installation solaire et les batteries doivent limiter l’utilisation du groupe électrogène.

Le bateau revendique également 110 m² d’espaces de vie intérieurs et extérieurs connectés, avec une suite propriétaire séparée des trois cabines invités et des logements d’équipage.

Ce positionnement place Oyster face aux spécialistes des catamarans de grand voyage.

Le véritable enjeu technique sera de démontrer qu’un multicoque aussi luxueux peut conserver un bon comportement marin une fois chargé pour plusieurs semaines de navigation. Les caractéristiques annoncées sont prometteuses, mais ne remplacent pas les résultats d’essais en mer.

Le futur Oyster 36M vise le segment des superyachts à voile

Présenté le 24 septembre 2026 au Monaco Yacht Show, le nouvel Oyster 36M marque une autre évolution majeure.

Dessiné par Frers Naval Architecture & Engineering, ce voilier de 36 mètres (118 pieds 1 pouce) affiche une largeur de 9,26 mètres (30 pieds 5 pouces) et un tirant d’eau standard de 3,80 mètres (12 pieds 6 pouces).

Sa surface de voilure annoncée atteint 670 m². Ses réservoirs offrent 12 000 litres de carburant et 4 500 litres d’eau douce.

La carène combine une étrave en V profond et des sections arrière larges. L’objectif est de concilier performances sous voiles, confort hauturier et stabilité de navigation.

Le pont accueille notamment une plateforme arrière modulable baptisée The Island, capable de s’abaisser vers l’eau ou de constituer une terrasse supplémentaire. Un salon panoramique offre une vision à 360 degrés.

La personnalisation s’appuie sur une architecture technique prédéfinie

Oyster propose différentes configurations de cabines, de gréement, d’appendices et d’équipements de loisirs.

Cette approche rapproche le 36M du segment semi-custom : le propriétaire personnalise largement le yacht, sans repartir d’une conception intégralement nouvelle.

Le défi dépasse néanmoins la construction. À cette taille, l’équipage permanent, la maintenance et le coût global de possession d’un superyacht deviennent déterminants dans la décision d’achat.

La diversification d’Oyster devra confirmer sa pertinence industrielle

Avec le 595, le C60 et le 36M, Oyster défend désormais trois propositions commerciales complémentaires : le monocoque hauturier éprouvé, le catamaran d’aventure et le grand superyacht personnalisable.

Cette diversification répond à des usages différents, mais elle accroît aussi les exigences industrielles. Construire un catamaran suppose notamment de maîtriser de nouvelles structures, des assemblages spécifiques et une logistique adaptée à une largeur supérieure à neuf mètres.

Le 36M impose, de son côté, des capacités d’ingénierie, d’intégration technique et de gestion de projet propres aux très grands yachts.

Oyster bénéficie de plus de cinquante ans d’expérience dans la navigation hauturière et d’un dispositif de services comprenant l’Oyster World Rally, la Bluewater Academy et un réseau international d’assistance.

Mais l’enjeu des prochaines années sera concret : transformer ces annonces en bateaux livrés, fiables et commercialement rentables. Le salon de Barcelone constitue une étape dans cette stratégie, et non encore la démonstration de sa réussite.